Ultra Énergie
Comprendre les CEE

kWh cumac

Le kWh cumac est l’unité dans laquelle le dispositif compte les économies d’énergie. Un certificat vaut un kWh cumac. L’obligation d’un fournisseur, le forfait d’une fiche, le seuil de dépôt d’un dossier : tout s’exprime dans cette unité, et rien n’y est en euros.

Lecture : 5 minMis à jour le 20 septembre 2026

Ce que le mot veut dire

La loi dit que l’unité de compte des certificats est « le kilowattheure d’énergie finale économisé » (article L221-8 du code de l’énergie). Les textes d’application précisent la façon de compter et parlent de kilowattheures « cumulés actualisés », en abrégé cumac (article R221-4 et arrêté du 29 décembre 2014). Le ministère résume : un CEE, c’est un kWh cumac.

Cumulé : on n’additionne pas l’économie d’une seule année, mais celle de chaque année sur toute la durée de vie conventionnelle de l’opération. Une isolation de combles compte sur trente ans, une pompe à chaleur air/eau sur dix-sept ans : la durée vient de la fiche, pas de l’équipement.

Actualisé : les années lointaines pèsent moins que la première. La règle est écrite à l’article 3 de l’arrêté du 29 décembre 2014 : les économies de chaque année suivant la première « sont calculées en divisant par 1,04 les économies de l’année précédente ». C’est un taux d’actualisation de 4 % par an. Le volume de certificats est la somme de ces économies annuelles ainsi calculées.

La première année compte en entier ; chaque année suivante vaut la précédente divisée par 1,04. Le volume en kWh cumac est la somme de toutes les barres.

Un exemple, à titre illustratif

L’Association technique énergie environnement (ATEE) donne l’exemple d’une action qui économise un million de kWh par an pendant dix ans : elle vaut 8,43 millions de kWh cumac. Le calcul se vérifie en additionnant dix termes : 1, puis 1 divisé par 1,04, puis 1 divisé par 1,04 au carré, et ainsi de suite. La somme fait 8,43, et non 10, parce que chaque année vaut un peu moins que la précédente.

Le même raisonnement donne, pour une durée de trente ans, un peu moins de dix-huit fois l’économie de la première année. Autrement dit, sur les fiches d’isolation, le forfait en kWh cumac est de l’ordre de dix-huit fois l’économie annuelle estimée. Ces multiples ne figurent pas tels quels dans les textes : ils découlent de la règle du 1,04, et nous les donnons pour situer l’ordre de grandeur.

Pourquoi cette unité et pas une autre

Le dispositif doit comparer des opérations qui n’ont rien à voir : un isolant posé pour trente ans, un luminaire, un moteur industriel, un contrat de service de quelques années. Une unité qui intègre la durée permet de les mettre sur la même échelle, et donc de les compter dans une même obligation nationale.

La Cour des comptes le formule ainsi : le certificat valorise « non le coût d’une opération, mais l’économie d’énergie finale qu’elle doit permettre », dans une unité qui repose sur « une évaluation conventionnelle ex ante » des économies. Le volume n’est pas relevé au compteur après travaux : il est calculé à l’avance, à partir d’hypothèses fixées par la fiche.

La doctrine de la DGEC, l’administration qui pilote le dispositif, ajoute que ce calcul « doit s’efforcer d’être proche des économies d’énergie réelles » tout en s’appuyant sur des paramètres « difficilement falsifiables » : une surface, une puissance, une classe de performance. C’est ce qui explique que les fiches demandent des caractéristiques précises et non une consommation constatée.

Ce que ça change pour vous

Pour un maître d’ouvrage, le volume en kWh cumac est la matière première de la prime : il dépend de la fiche applicable, des paramètres de l’opération (surface, puissance, rendement) et, souvent, de la zone climatique. Deux devis pour le même équipement donnent le même volume ; c’est la contrepartie négociée pour ce volume qui varie d’une offre à l’autre.

Pour un installateur, les paramètres qui font le volume doivent apparaître sur la facture : la fiche BAR-EN-101, par exemple, demande la surface et la résistance thermique de l’isolant posé. Une facture qui ne les mentionne pas, c’est un volume qu’on ne peut pas justifier.

Les ordres de grandeur aident à lire les textes. Une opération se compte en milliers ou en millions de kWh cumac. Un dossier déposé au Pôle national des certificats d’économies d’énergie (PNCEE) doit atteindre 50 millions de kWh cumac, soit 50 GWh cumac, pour des opérations standardisées. L’obligation nationale de la sixième période a été fixée sur la base de 1 050 TWh cumac par an, soit 1 050 milliards de kWh cumac, selon la présentation de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) en décembre 2025.

Les pièges

Sources

  1. Code de l’énergie, art. L221-8
  2. Arrêté du 29 décembre 2014, modalités d’application
  3. ATEE, Club C2E, les certificats d’économies d’énergie
  4. Cour des comptes, rapport sur les CEE, juillet 2024 (PDF)
  5. Doctrine DGEC sur les fiches et les bonifications, juillet 2026 (PDF)

Pages consultées le 20 septembre 2026. Informations indicatives ; les textes officiels font seuls foi.

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